TRANS INFO
SOURCES SCIENTIFIQUES ET MEDICALES
Le Professeur Le Gueut-Develay, du CHU de Rennes, explique dans son cours de médecine légale que :
« Le Transsexuel a la conviction d'appartenir au sexe opposé au sien.
On parle de :
- Transsexuel à vocation féminine (possède un corps d'homme),
- Transsexuel à vocation masculine (possède un corps de femme).
Tous les spécialistes médicaux sont actuellement d'accord sur le fait que le Transsexuel :
- n'est porteur d'aucune anomalie concernant les sexes génotypique, phénotypique ou endocrinien qui sont concordants,
- n'est ni homosexuel, ni perverti, ni travesti, ni malade mental »
.

Le traitement du transsexualisme est aujourd’hui défini par un protocole international ainsi résumé par le Professeur Le Gueut-Develay :
« Dans une première phase, le patient subit un traitement hormonal (œstrogènes pour un homme, testostérone pour une femme). Dans une seconde phase, il est opéré. Il s'agit d'une intervention de "rapprochement sexuel". La chirurgie est génitale et éventuellement esthétique ».

L’une des causes du transsexualisme serait un accident hormonal survenu durant la grossesse, qui oriente le développement du cerveau selon la conformation du sexe opposée. Plusieurs travaux scientifiques aboutissant à ces conclusions ont été résumés dans une étude du Docteur Mireille Bonierbale, Directeur du DIU de Sexologie Médicale à la faculté de Médecine de Montpellier. L'approche scientifique explique le transsexualisme par une discordance entre le « sexe psychique » résultant de la structure du cerveau et le sexe anatomique, la prédominance du « sexe psychique » étant largement constatée et justifiant du traitement hormono-chirurgical de réassignation sexuelle (et sur le plan juridique le changement d’état civil).

Il y aurait environ 4.500 personnes transsexuelles en France.

Une étude menée en 1993 par le Docteur Nadine Grafeille, vice-présidente de l’Association inter hospitalo-universitaire de sexologie, auprès des cent premiers transsexuels (des deux sexes) opérés en France a abouti aux résultats suivants :
« plus de 25% d’entre eux nous demandaient de les oublier car ils s’étaient fondus dans la société et ne voulaient plus être différenciés des autres individus ; 95% nous ont dit que, si c’était à refaire, non seulement ils recommenceraient, mais encore plus tôt si cela était possible ; certains vivent en couple, ont des enfants adoptifs ou obtenus par insémination artificielle (de la partenaire) et se disent heureux de leur vie ».

Cette brève analyse n’exprime pas mon point de vue sur la transsexualité, terme à mon avis aujourd’hui préférable à celui de transsexualisme trop connoté de résonances psychiatriques. Trois éléments cependant sont à retenir, qui font consensus :
- on peut débattre à l’infini sur l’intérêt ou non de rechercher une cause organique, une chose est sûre : la transsexualité n’est pas un choix.
- la transsexualité relève de l’identité de genre et non de l’orientation sexuelle, qui est aussi diversifiée chez les personnes transsexuelles que chez n’importe qui d’autre (voir l'étude de Tom Reucher sur le sujet).
- la seule conduite légitime face à une personne transsexuelle, que l’on soit parent, conjoint, enfant ou ami, est d’accepter et, autant qu’on le peut, d’accompagner son parcours.
Année Auteur document
1998 Pr Le Gueut-Develay Le transsexualisme - cours de médecine légale
1998 Dr Mireille Bonierbale Questions face au transsexualisme
2002 Dr Nadine Grafeille Ethique et transsexualisme
1998 Dr Jean-Paul Meningaud Problèmes éthiques posés par la demande de redétermination de sexe chez le transsexuel
2004 Béatrice Mingot Etude du devenir du sujet transsexuel réassigné
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